Albane Geslin

  • La situation post 13 novembre 2015 : présentation - des régimes d'exception, - de l'état d'urgence, - des lois de 1955 et de 2015, - des réformes envisagées, - du rapport sécurité/liberté

  • Les études postcoloniales ont, depuis quelques années, largement irrigué les divers champs disciplinaires des sciences humaines et sociales. Force est néanmoins de constater que, en France à tout le moins, le droit n'a pas été conduit à s'interroger en profondeur sur les perspectives épistémologiques ouvertes par le tournant postcolonial.
    Notre livre offre plusieurs parcours pour analyser l'impact du postcolonialisme sur le droit, en associant de manière étroite des juristes avec des chercheurs venants d'autres disciplines, en particulier historiens et philosophes. L'interrogation épistémologique qui traverse tous ses chapitres, s'exprime par deux grands questionnements, le premier touchant au droit, le deuxième aux disciplines juridiques.
    La première partie de l'oeuvre se concentre sur les rapports existants entre les institutions juridiques et l'expérience coloniale. Ce volet est abordé d'un point de vue historique (à partir des expériences du colonialisme français en Algérie et anglais en Inde), certes mais aussi dans une perspective actuelle (la question de la Nouvelle Calédonie). Et c'est ici que la pluridisciplinarité de l'ouvrage se fait plus fortement sentir. Dans le second versant du livre, notre travail cherche à confronter les perspectives postcoloniales à trois disciplines juridiques : l'histoire du droit, le droit constitutionnel et le droit international. Ici la réflexion est davantage le fait des juristes, qui explorent ce que le postcolonialisme fait à la rationalité juridique. Une confrontation qui modifierait dorénavant la pensée juridique, dans un contexte de globalisation. L'ouvrage conclut, comme il ne peut pas être autrement, sur une réflexion sur les rapports entre savoir et politique.

  • Les contributions regroupées dans cet ouvrage visent à couvrir tous les aspects qui se rapportent à la compréhension des relations et influences euro-américaines. En effet, dès l'origine, les Etats-Unis se sont intéressés au projet d'intégration européenne, contribuant fortement à la mise en place des Communautés, l'aide offerte par le plan Marshall étant conditionnée à la libération des échanges intra-européens. Au-delà de cette histoire institutionnelle, il est intéressant d'interroger le double regard de Tocqueville et Jean Monnet sur les processus d'intégrations. Comment et pourquoi le « grand dessein atlantique » de JF Kennedy a-t-il laissé place aux craintes des Etats-Unis de voir émerger la « forteresse Europe » ? Quelles sont les influences théoriques et philosophiques réciproques (notamment en matière de droits de l'homme, mais également l'étude des mouvements critical legal studies / critique du droit...) ?

    En outre, si l'on constate que l'Union européenne et les Etats-Unis proposent deux modèles de société et de gouvernance qui contrastent assez nettement sur des sujets sensibles (services publics, peine de mort, port d'armes, protection sociale, place de la religion dans la société...), les points d'accord sont heureusement nombreux. Européens et Américains partagent les mêmes valeurs de liberté et de démocratie, ont une perception assez proche des menaces pesant sur la sécurité internationale. Peut-on, doit-on, nuancer ces (fausses) oppositions et ces (caricaturaux) rapprochements ? En quoi les Etats-Unis et l'Europe se distinguent-ils, dans leur modèle économique, au regard de l'interventionnisme public ? La mondialisation combinée à la crise ne conduit-elle pas à une convergence des modèles ? L'heure de la coordination des politiques économiques et monétaires euro/américaines n'est-elle pas venue ? La réforme de la gouvernance économique mondiale ne dépend-elle pas d'une nouvelle solidarité euro-américaine ? Quels types de puissance constituent l'Union Européenne et les Etats-Unis ? L'Union semble mettre en avant des thèmes privilégiés tels que l'environnement et les droits de l'homme. Les Etats-Unis ont subi le contre-coup du 11 Septembre au point de réorienter leur politique étrangère autour d'un impératif: la lutte contre le terrorisme. Certains y voient un contraste entre une puissance douce et une puissance dure. L'élection de B. Obama a-t-elle changé la donne ? Plus que jamais se pose la question du renforcement des relations transatlantiques.

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