Alain Fleischer

  • Comme certains romans d'humeur libertine, ne s'interdisant ni l'érotisme, ni les fantaisies de l'imagination, ni l'humour, celui-ci prend parfois des allures spéculatives. Dans cette vie extraordinaire d'une auto, conte philosophique et de science-fiction, c'est surtout de l'humain qu'il s'agit, face à certaines interrogations de notre époque.

  • Chacune de ces petites histoires entend conduire le lecteur à un moment de perception (ou de sentiment) de l'infini. Pour cette raison, elles sont plutôt courtes, car l'infini doit apparaître par surprise. Peut-être même abruptement. Le lecteur doit y être poussé comme au bord d'un précipice qu'il n'aurait pas vu venir, et qu'il ne découvre qu'en y tombant.
    A. F.

  • Si le criminel récidiviste est la figure dramatique, dans le registre du pire, de l'individu qui recommence, tout être humain ne souhaite-t-il pas revivre ce qui lui a procuré de l'émotion, du plaisir, du bonheur ? Que la première expérience de l'amour ne soit pas la dernière, dans un mouvement naturel de l'éternel retour.

    À partir d'un troublant phénomène de persistance d'un épisode passé -celui d'un premier amour remontant à la période communiste -, dans la ville de Brno en Moravie, ce roman est la double histoire, en miroir, d'un criminel récidiviste qui garde le secret de ses actes et du romancier venu le trouver pour s'inspirer de son destin : ce dernier découvre alors qu'il est lui-même, sans être vraiment coupable ni tout à fait innocent, un homme qui recommence.

  • Les images - films et photographies - prises à la libération des camps d'extermination nazis, ont bouleversé notre relation à l'image en général. Elles ont constitué les preuves de ce à quoi il eût été impossible de croire sans elles. Dans Nuit et Brouillard, Alain Resnais en fait un usage exemplaire. Plus problématique est l'évocation de la Shoah dans les films de fiction inévitablement marqués par une mise en scène artistique de l'horreur, laquelle a toujours suscité de sévères critiques.

    C'est pourquoi l'accueil unanimement enthousiaste du film de Laszlo Nemes, Le Fils de Saul, qui s'expose aux mêmes reproches que La Liste de Schindler ou La vie est belle peut être interprété comme un symptôme. Un verrouillage théorique a été imposé au public, ralliant des personnalités concernées par le sujet, habituellement en désaccord.
    Si Le Fils de Saul est considéré comme le chef-d'oeuvre sur Auschwitz, faut-il comprendre qu'il est temps de s'intéresser à d'autres sujets et que la Shoah est enfin passée de l'Histoire à l'histoire de l'art ?
     
    Écrivain, cinéaste, plasticien, Alain Fleischer a publié plusieurs de ses romans, nouvelles et pièces de théâtre aux Éditions Léo Scheer, ainsi qu'une monographie consacrée à son oeuvre d'artiste, La Vitesse d'évasion (2003). 

  • Quatre voyageurs

    Alain Fleischer

    Quatre savants de quatre pays d'Europe - un Français, un Irlandais, un Portugais et un Hongrois - se réunissent pour préparer une conférence internationale sur le thème : «Le monde et ses doubles». Mais la plongée dans l'univers des réalités virtuelles, des clones, des grands primates parlants et des lointaines galaxies ne va pas se passer comme prévu...

    Au cours de leur mission d'études dans les laboratoires scientifiques californiens, les quatre voyageurs échangent malgré eux leurs identités, chacun se réveillant dans le corps de l'un des trois autres, et les péripéties qui s'en suivent deviennent vite vertigineuses. Comment s'adapter à un autre corps, et qui devient-on alors ? Ne sommes-nous qu'un esprit dont l'enveloppe pourrait être interchangeable, ou possédons-nous aussi une mémoire «physique», charnelle, qui nous colle à la peau ?

    Dans ce roman de la métamorphose, Alain Fleischer pose avec force la question du corps qui nous habite autant que nous l'habitons.

  • Les images - films et photographies - prises à la libération des camps d'extermination nazis, ont bouleversé notre relation à l'image en général. Elles ont constitué les preuves de ce à quoi il eût été impossible de croire sans elles. Dans Nuit et Brouillard, Alain Resnais en fait un usage exemplaire. Plus problématique est l'évocation de la Shoah dans les films de fiction inévitablement marqués par une mise en scène artistique de l'horreur, laquelle a toujours suscité de sévères critiques.
    C'est pourquoi l'accueil unanimement enthousiaste du film de Laszlo Nemes, Le Fils de Saul, qui s'expose aux mêmes reproches que La Liste de Schindler ou La vie est belle peut être interprété comme un symptôme. Un verrouillage théorique a été imposé au public, ralliant des personnalités concernées par le sujet, habituellement en désaccord.
    Si Le Fils de Saul est considéré comme le chef-d'oeuvre sur Auschwitz, faut-il comprendre qu'il est temps de s'intéresser à d'autres sujets et que la Shoah est enfin passée de l'Histoire à l'histoire de l'art ?

    Écrivain, cinéaste, plasticien, Alain Fleischer a publié plusieurs de ses romans, nouvelles et pièces de théâtre aux Éditions Léo Scheer, ainsi qu'une monographie consacrée à son oeuvre d'artiste, La Vitesse d'évasion (2003).

  • "ii suffit d'avoir une caméra pour pouvoir faire du cinéma, me suis-je dit vers l'âge de quatorze ans.
    Dès lors, j'ai tout fait pour en acquérir une. " voici donc une traversée du cinéma avec, comme fil rouge, l'amour d'une machine. car la caméra est une curieuse machine, et sans elle, le cinéma n'existerait pas. et au fait, une caméra, comment ça marche ? comment se déroule un tournage ? comment se distribuent les rôles autour de la caméra ? pourquoi en existe-t-il de toutes tailles et de toutes sortes ? quel effet le choix de la caméra produit-il sur le film lui-même ? au fil des évolutions techniques, la caméra modifie les genres et l'esthétique du cinéma : du film amateur au tournage professionnel, du studio hollywoodien à la nouvelle vague, du cinémascope au téléphone portable.
    En racontant cette histoire des caméras, alain fleischer nous fait entrer de plain-pied dans l'art et la manière de faire des films et dans la magie d'une machine qui réinvente le monde.


  • je m'interroge sur le genre auquel ces trois textes pourraient appartenir : nouvelles, récits, souvenirs ? rien ne leur va.
    ou alors, tout leur va : mais au sens de "tout cela ensemble". me faut-il inventer, pour les identifier et les classer, parmi mon propre désordre, oú d'autres pourraient surgir, leur ressemblant, un genre qui serait la descente ? descente dans les mots depuis quelque hauteur oú se tiendrait l'image, ou bien, à l'inverse, descente des mots, flottant en nuées confuses, jusqu'à une surface d'images ? on dit descendre en ville, mais monter à la capitale : histoires de mots, pour une géographie de l'imaginaire.
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    a. f.

  • Roman hanté comme le sont les châteaux et les forêts, "Imitation" offre, en revisitant le cauchemar du passé européen, la clé des intrinsèques contrefaçons de notre monde contemporain. Toujours circulaire, Alain Fleischer signe une fiction sur l'imitation - imitation de fiction - littéralement révolutionnaire, pleine d'invention et de prudences, d'enseignements et de magie. Un émerveillement.

  • Imitation

    Alain Fleischer

    Roman hanté comme le sont les châteaux et les forêts, 'Imitation' offre, en revisitant le cauchemar du passé européen, la clé des intrinsèques contrefaçons de notre monde contemporain. Toujours circulaire, Alain Fleischer signe une fiction sur l'imitation, imitation de fiction littéralement révolutionnaire, pleine d'invention et de prudences, d'enseignements et de magie. Un émerveillement.

  • Parti - ou croyant être parti - de sa ville natale de morhàz, en transylvanie, pour atteindre la france, gregor h.
    , navigateur terrestre, clandestin et solitaire, arrive enfin à morez, en franche-comté.
    Il y découvre le sentiment d'être de retour à son point de départ. cette histoire, en forme de conte initiatique, interroge le voyage et la migration qu'il faut accomplir pour s'accomplir soi-même.

  • Un jeune couple de Hongrois, Peter et Marta, passent leur nuit de noces dans une auberge de Transylvanie tenue par d'anciens trapézistes, en compagnie d'artistes de cirque à la retraite et d'animaux rescapés d'anciens numéros. Là, Peter et Marta vont s'adonner à une formidable initiation érotique...

    À leur retour, Sandor, frère jumeau de Marta, se rend compte que le couple vit séparé. Peter est à Budapest, Marta à Vienne. Pourquoi cette séparation des corps?

    Ce grand roman d'amour si tragiquement lyrique, au flot ample parsemé de sombres remous, traverse des paysages où l'exaspération des sentiments, l'obstination farouche des caractères et l'humour désespéré donnent à l'Europe centrale un flamboiement crépusculaire particulier.

  • vers 1933, dans une petite ville d'europe centrale, un professeur de piano assiste de sa fenêtre aux premiers événements de ce qui pourrait bien être la fin du monde...
    la situation de crise et de drame collectif révèle au narrateur certaines aberrations de sa vie privée, que hante une jeune femme, esther, présence à la fois obsédante et insaisissable. toujours vus de sa fenêtre, d'autres événements, comparables, se produisent sous les yeux du même narrateur, dans d'autres lieux, d'abord en 1944, puis dans les premières années du xxie siècle, alors que la fiction est rattrapée par l'histoire, avant de prendre à nouveau les devants, vers 2042, en direction de l'utopie, lorsque le pire n'a d'autre issue que dans le rire.
    après, notamment, les trapézistes et le rat, les ambitions désavouées et les angles morts, alain fleischer nous livre un roman riche et foisonnant, une fable captivante menée de main de maître.


  • deux syllabes suffisent - même une - et la prononciation d'un seul mot pour révéler, derrière la langue parlée, la présence d'une autre langue.
    cela s'appelle un accent. depuis mes premiers souvenirs de la voix de mon père s'exprimant en français dans le cercle familial -plus précisément encore lorsqu'il s'adressait à moi -, et jusqu'à ses dernières paroles, j'ai entendu dans chaque syllabe qu'il prononçait la mémoire, l'empreinte, le fantôme, non seulement d'une autre langue que le français, mais aussi d'un autre monde et d'un autre temps.
    si j'ai commencé ce livre en écrivant que deux syllabes suffisent, c'est en pensant à la façon dont mon père, répondant au téléphone en français, prononçait le simple mot " allô ". a. f.

  • Des culottes courtes aux pantalons d'homme, il n'y a qu'un pas. Été 1957 : un jeune garçon est à Londres pour étudier l'anglais, mais préfère les jeux de l'amour qu'il découvre dans les bras de Barbara. Du haut de ses treize ans, il passe le mois de juillet dans les tourments amoureux, ébloui par la volupté, brûlant de désir pour cette fille de vingt ans, ravi par la découverte de l'amour.

  • Prolongations

    Alain Fleischer

    La vieille Europe a-t-elle fait son temps, comme on dit? Et dans son match nul contre elle-même, joue-t-elle les prolongations?
    Le narrateur, un jeune interprète franco-hongrois, vient prendre son poste dans un grand congrès européen qui s'éternise dans le dérisoire et le grotesque à Kaliningrad, une enclave russe sur la Baltique. Dans cette ville qui fut, sous le nom de Königsberg, la patrie d'Emmanuel Kant et la capitale de la Prusse orientale, il découvre une société trouble, livrée aux intrigues, aux trafics en tout genre, à la prostitution généralisée, dominée par des pouvoirs occultes et des mafias, avec de nouveaux Russes prêts à tout vendre, des Allemands de toujours prêts à tout acheter, et des filles prêtes à tout. Revenu de ses illusions, le narrateur ne peut se raccrocher qu'à des figures pourtant insaisissables : un très vieux Juif à la tête d'un cercle de survivants, spectres de l'Ancien Monde, un expert-comptable de Hambourg, chauffeur de taxi à ses heures - chacun complotant pour recommencer ou réécrire l'Histoire à sa façon -, et trois jeunes femmes qui incarnent trois perceptions du présent. Piégé dans une partie qui se joue dans un espace hors la loi, le jeune homme expérimente à ses dépens l'existence d'un temps réglementaire. Pour lui, quel refuge, quel espoir dans les prolongations?

  • Le monde que j'ai fait mien, dont je me sens à la fois l'héritier et le dépensier, et qui doit beaucoup à l'Europe centrale, centre excentrique, coeur " oublié " de notre siècle (pensons au Golem, à Kafka, à Freud, à Stroheim, à Schiele, à Bartok) est évoqué ici par une constellation de formes brèves et variées - récits, nouvelles, fragments autobiographiques - indépendantes dans leur régime, gravitant librement autour d'un astre législateur éteint, celui du baroque, et abandonnées en somme à la nuit.

    La plupart de ces récits critiquent l'état des choses et la marche du monde réel, quitte à côtoyer des états critiques de la raison : des machines nous soupèsent et nous jugent, des vampires et des ogres donnent des interviews, des spectres se font servir des restes dans une auberge, des hommes parlent en sifflant, un autre en riant, une cantatrice se divise ou se multiplie dans la double voix, la double parole, que lui offrent ses deux bouches, etc.
    D'autres de ces récits disent les métamorphoses dune conscience douce et douloureuse, toujours prête à me quitter et toujours de retour.
    Pour que chacun de ces écrits soit le reflet d'un monde, il fallait, bien sûr, que chacun de ces mondes soit une écriture. Tout en y travaillant, je me répétais à moi-même, en guise de légende, leur possible sous-titre commun : Histoires de goût, façons de parler.

    Et toujours il s'agissait d'abus : abus de nourriture et de boisson, et abus de langage, abus de tout ce qui entre et sort du corps par la bouche, jusqu'au dernier souffle.
    Ivresse des mets, ivresses des mots. Mais qu'on se rassure : l'abus de la littérature n'est pas dangereux. C'est la modération qui est mortelle.
    Alain Fleischer.

  • Dans une manière chère à l'auteur - le vis-à-vis en miroir de l'essai et de la fiction, mis en perspective par le souvenir de l'expérience vécue (ici les Fragments autobiographiques 4 et 5) - la question posée est celle de la secrète connivence qui se révèle dans la langue anglaise entre la maman et la momie, désignées par le même mot: mummy.
    Photographie et momification ayant partie liée, quatre brefs textes s'organisent autour de neuf images des momies de Ferentillo, un village d'Ombrie où un phénomène naturel a conservé dans leur attitude au moment de la mort des corps qui furent ensevelis dans le cimetière pendant des décennies. Exhumés il y a plus d'un siècle déjà, certains sont depuis exposés dans la crypte de la chapelle et sont devenus des héros de la chronique locale.
    La plus obsédante de ces figures est la belle Caterina, sorte de Maternité en négatif qu'un amour impossible conduisit au trépas : " La jeune villageoise, avec l'enfant mort-né à ses côtés, est encore là, exhibée dans sa position de mise au monde où la mort la surprit, le ventre distendu, les cuisses ouvertes, le sexe gonflé et béant, le visage encore crispé par la douleur. " Un petit garçon anglais, en voyage à travers l'Italie avec sa mère, découvre là les deux visages de la mummy : celle par où on entre dans la vie et celle par où on entre dans la mort.

  • Ce livre est composé de deux textes de nature très différente, et qui pourtant portent le même titre : La Femme couchée par écrit.
    Entre ces deux parties, une interface : ni une préface ni une postface, ni un texte qui ouvre ni un texte qui clôt, un texte entre-deux, central, qui distribue vers l'avant et vers l'après, et qui tente de dire pourquoi un même titre peut être donné - ou donner lieu - à deux objets littéraires différents. La Femme couchée par écrit est d'abord un bref essai sur le personnage de Roberte dans l'oeuvre littéraire et picturale de Pierre Klossowski.
    De l'autre côté de l'interface, le deuxième texte, identiquement intitulé La Femme couchée par écrit, est une nouvelle où il est question du contrat proposé aux jeunes femmes qui poseront nues, non plus pour un peintre mais pour un écrivain.

  • - Dans cette constellation de fictions qui pourraient appartenir à un même roman, tous les personnages sont soumis à une loi commune. Placés sous la dictée des choses - celles de l'amour, du sexe et de la mort : objets, oeuvres d'art, situations, circonstances... -, les hommes y sont les jouets de leurs jouets.Prolongeant ses aventures baroques, aux issues imprévisibles, déroutantes, Alain Fleischer nous entraîne dans le monde bien réel mais paradoxal des collectionneurs qui sont sous l'emprise de ce qu'ils possèdent ou de ce par quoi ils sont possédés.

    - Alain Fleischer a fait des études de lettres, de linguistique, d'anthropologie et de biologie animale avant de se consacrer au cinéma, à l'art et à la photographie. Écrivain, il est l'auteur d'une oeuvre désormais abondante. Il a publié, dans " La Librairie du XXIe siècle ", L'Accent : une langue fantôme (2005), Le Carnet d'adresses (2008), et Réponse du muet au parlant. En retour à Jean-Luc Godard (2010).

  • Si les conférences sont traditionnellement des exercices de passage de l'écrit à l'oral, celles de ce livre sont comme marquées par la fatalité d'un passage du sérieux au risible, des savoirs académiques à la connaissance par le rire. On pourrait dire que les situations délicates dans lesquelles se trouvent l'un après l'autre nos conférenciers sont autant de scénarios de films burlesques. C'est l'occasion de rêver à ce qu'aurait pu être une collaboration entre Chaplin et Kafka.

  • Alain Fleischer revient sur lʼimpression laissée par une oeuvre sans titre de Simon Hantaï, quʼil accueillit au sein de la prestigieuse institution du Fresnoy mais dont il fut, surtout, le témoin privilégié de la genèse. À partir de cette toile née des limbes de la mémoire de Simon Hantaï et révélée à nouveau grâce aux technologies modernes, Alain Fleischer tente de déchiffrer cette « conversation » quʼoffre la peinture et déplie, à son tour, la fable singulière dʼun grand moment artistique.

  • " Si j'avais choisi le mode de l'interpellation, ce livre serait une adresse à Jean-Luc Godard. Mais il y aurait quelque naïveté à attendre de sa part une réponse à ma réponse. Ce témoignage et les réactions que j'exprime ont pour cadre ma collaboration avec Jean-Luc Godard lorsqu'il m'invita, du printemps 2005 au printemps 2006, à réaliser un film documentaire sur sa méthode de travail et ses outils, évoquant l'évolution du projet qui aboutit à l'exposition Voyage(s) en Utopie, au Centre Pompidou, à Paris. " A . F .

  • " Lorsque le 28 juin 1895, Paul Gauguin, en larmes, gare de Lyon à Paris, s'apprête à monter dans le train pour Marseille, d'où il s'embarquera pour son second voyage vers la Polynésie, il sait que c'est la dernière fois, le dernier départ, le dernier recommencement, il sait qu'il ne reverra plus la France, [...] il sait que ce qu'il réalisera là-bas sera la dernière période de son oeuvre d'artiste, peintre et sculpteur, son accomplissement, et que, dans les dernières flammes du désir, parmi les paysages des premiers temps du monde qui seront le décor de ses derniers jours, les dernières femmes à aimer et à peindre le conduiront au dernier tableau.
    "

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