Coups de coeur

  • Lorsque Franklin Starlight, âgé de seize ans, est appelé au chevet de son père Eldon, il découvre un homme détruit par des années d'alcoolisme. Eldon sent sa fin proche et demande à son fils de l'accompagner jusqu'à la montagne pour y être enterré comme un guerrier. S'ensuit un rude voyage à travers l'arrière-pays magnifique et sauvage de la Colombie britannique, mais aussi un saisissant périple à la rencontre du passé et des origines indiennes des deux hommes. Eldon raconte à Frank les moments sombres de sa vie aussi bien que les périodes de joie et d'espoir, et lui parle des sacrifices qu'il a concédés au nom de l'amour. Il fait ainsi découvrir à son fils un monde que le garçon n'avait jamais vu, une histoire qu'il n'avait jamais entendue.

  • Nietzsche qualifiait Les Gens de Seldwyla de « trésor de la prose allemande », un recueil d'histoires parmi les rares selon lui qui méritent d'être « lues et relues ». Il faut situer cette oeuvre majeure du XIXe siècle entre Gogol pour son réalisme et Bouvard et Pécuchet pour sa satire.
    Seldwyla une petite ville proverbiale dans la campagne où rien n'est grave et où on est à la fois capable de se féliciter de ce que l'on est et doué d'autodérision. Où on a des idées, même si souvent la paresse prend le dessus. A Seldwyla, peu importe de creuser à nouveau une route fraîchement bitumée parce qu'on a oublié de remplacer les conduites d'eau.
    La narration est d'une vitalité telle qu'elle nous fait avancer à grands pas dans le récit. Les dialogues sont nombreux et l'ironie toujours présente.

    Des contes à savourer !

      Dans ces histoires envoûtantes, Gottfried Keller nous parle des habitants de cette ville imaginaire, de leurs vicissitudes, de leurs petites manigances et méfaits. Subtilement, une critique de la société de la petite bourgeoisie du 19e siècle se dessine et prend des tournures qui nous sont toujours aussi familières à notre époque. Comme autant de petites pépites à méditer, Les Gens de la Seldwyla forment un régal de contes à savourer, ou encore mieux, à se faire conter ! Drôle, piquant, malicieux… En un mot, délectable !

    Laura

  • Phrases courtes, mot juste, lucidité et humour : le monde d'Agota Kristof infuse dans L'Analphabète, son seul récit autobiographique, paru pour la première fois en 2004 : onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille en Hongrie qui dévore les livres à l'écriture de ses romans. Les premières années heureuses, la pauvreté après la guerre, l'amour des mots, la rupture du « fil d'argent de l'enfance », puis l'adolescence, et finalement l'exil, qui ne la conduit pas seulement hors d'un pays, mais surtout hors d'une langue.

    Un parcours exceptionnel

    Nul besoin de faire un grand discours sur la force et la beauté du récit autobiographique d’Agota Kristof, L’Analphabète : les épreuves dues à l’exil, la résilience, la volonté inébranlable de conquérir une nouvelle langue, la persévérance et la détermination d’une grande dame, un parcours exceptionnel et surtout, une déclaration d’amour aux mots et à la littérature, peu importe dans quelle langue elle s’exprime… Bref : c’est magnifique !

    Laura

  • Déployer

    Douna Loup

    • Zoe
    • 4 Avril 2019

    Il y a Danis, le mari et le père de ses deux filles, leur histoire est simple et lumineuse, mais menacée. Il y a Jonas, l'amant. Leur histoire est opaque et insaisissable:
    Elly est prise entre deux hommes comme entre deux expériences existentielles. Petit précis sur la jalousie, le besoin de possession, le désir, un érotisme au naturel, sauvage, mystérieux, ces sept livrets à lire dans un ordre aléatoire, il y a 5040 ordres différents possibles, raconte la vie sexuelle, amoureuse et de mère d'Elly.
    Le chant de Douna Loup, sa cadence intérieure et animale sont l'écho d'une grande fraîcheur, d'une simplicité qui permet l'audace de dire des choses secrètes, taboues, dont on a facilement honte, sur l'amour, la trahison, la fidélité et la sexualité.

    Une infinité d'explorations...

    Cahiers de vie Cahiers d’amour et de jalousie Cahiers d’envie et de désir Cahiers de peurs et de liberté Cahiers pour se découvrir et se/le déposséder Cahiers pour s’apprivoiser Cahiers de pluie, cahiers de sons Cahiers de l’autre Cahiers de soi, à soi, pour soi Cahiers décousus Cahiers de mort et de poésie Cahiers des sens, cahiers de joie Cahiers de vie Dans n’importe quel ordre, Déployer les cahiers de Douna Loup Et une infinité d’explorations s’offrira à vous… Superbe !

    Laura

  • Et si on ne travaillait plus que trois heures par jour??
    Telle est la proposition iconoclaste d'Émilien Long, prix Nobel d'économie français, dans son essai Le Droit à la paresse au XXIesiècle. Très vite le débat public s'enflamme autour de cette idée, portée par la renommée de l'auteur et la rigueur de ses analyses. Et si un autre monde était possible ? Débordé par le succès de son livre, poussé par ses amis, Émilien Long se jette à l'eau?: il sera le candidat de la paresse à l'élection présidentielle. Entouré d'une équipe improbable, il va mener une campagne ne ressemblant à aucune autre. Avec un but simple?: faire changer la société, sortir d'un productivisme morbide pour redécouvrir le bonheur de vivre.
    Roman porté par une érudition joyeuse et un regard taquin sur nos choix de vie, Paresse pour tous imagine un pays qui renverse ses priorités et prend le temps d'exister. Après La Grande Panne (Le Tripode, 2016), récit visionnaire d'une France qui se retrouve à l'arrêt, Hadrien Klent offre cette fois-­ci le portrait d'une France qui se remet en marche, mais pas vraiment comme certains le voudraient.

    «?En 2008, on devait surmonter la crise des subprimes. Aujourd'hui, celle du coronavirus. ­Demain, ce sera quoi?? Le réchauffement climatique?? La conquête de Mars?? À chaque fois, le libéralisme triomphant propose qu'on souffre encore plus?! Qu'on se sacrifie pour sauver un système qui est pourtant absurde. Qu'on nourrisse un monstre incontrôlable et incontrôlé. Moi je propose le contraire. Qu'on inverse la place du travail et du temps libre. Qu'on interroge notre place dans la marche du monde. Je suis la voix de ceux qui veulent que la vie ne se résume pas au travail, à la croissance, à la consommation.?» Émilien Long

    Un roman à la fois léger, joyeux, sensible et extrêmement sérieux !

    Et si je vous disais qu’il est possible de ne travailler que 3h par jour, 15h par semaine, et ce, sans que la société ne s’effondre, et enfin avoir du temps pour soi et pour les autres ? Vous ne me croyez pas? Vous doutez? Vous relevez un sourcil inquiet? Pas de panique, Hadrien Klent a pensé à tout et Émilien Long, notre héros, porteur du flambeau de l’utopie réaliste, va tout vous expliquer de son programme présidentiel : Paresse pour tous ! Ce roman à la fois léger et joyeux, sensible et extrêmement sérieux, amène des solutions très concrètes pour ne plus subir et prendre le temps de vivre.Alors que nous vivons depuis plus d’un an des bouleversements sans précédent, ne serait-il pas temps d’élaborer ce que nous voulons mettre en place dans le monde d’après ? Revenir à l’essentiel de ce qui est bon pour nous et pour notre planète? Arrêtons de faire comme si tout allait bien et prenons le temps de réfléchir et de se re-poser, une fois pour toutes, les vraies questions. Il est temps, votez Émilien Long !

    Laura

  • Dans la chaleur exaltante de l'été 1977, la jeune Calista quitte sa Grèce natale pour découvrir le monde. Sac au dos, elle traverse les États-Unis et se retrouve à Los Angeles, où elle fait une rencontre qui bouleversera sa vie : par le plus grand des hasards, la voici à la table du célèbre cinéaste hollywoodien Billy Wilder, dont elle ne connaît absolument rien. Quelques mois plus tard, sur une île grecque transformée en plateau de cinéma, elle retrouve le réalisateur et devient son interprète le temps d'un fol été, sur le tournage de son avant-dernier film, Fedora. Tandis que la jeune femme s'enivre de cette nouvelle aventure dans les coulisses du septième art, Billy Wilder vit ce tournage comme son chant du cygne. Conscient que sa gloire commence à se faner, rejeté par les studios américains et réalisant un film auquel peu de personnes croient vraiment, il entraîne Calista sur la piste de son passé, au coeur de ses souvenirs familiaux les plus sombres.
    Roman de formation touchant et portrait intime d'une des figures les plus emblématiques du cinéma, Billy Wilder et moi reconstitue avec une fascinante précision l'atmosphère d'une époque. Jonathan Coe raconte avec tendresse, humour et nostalgie les dernières années de carrière d'une icône, et nous offre une histoire irrésistible sur le temps qui passe, la célébrité, la famille et le poids du passé.

    Un voyage délicieux

    "Billy Wilder et moi" célèbre l'esprit, un esprit, celui peut-être d'un autre âge lorsque l'humour était subtilité, la gloire, un prétexte à l'élégance. Jonathan Coe appartient sans nul doute à ce monde-ci. Calista, jeune grecque, croise inopinément la route du cinéaste Billy Wilder et sa vie en sera changée. Roman d'apprentissage, roman sur le monde du cinéma et de la création, ce roman est d'abord et aussi un roman sur l'éclipse de ceux qui ont un jour brillé, sur le remplacement inéluctable d'une génération par une autre ou comment y faire face autrement dit l'accepter sans aigreur et aimer malgré tout la vie. "Billy Wilder et moi" est un voyage au pays des créateurs mais aussi, un voyage en Europe, de la Grèce, à l'Allemagne en passant par la France, un voyage à la douceur d'une certaine nostalgie. Jonathan Coe déplore le brexit, le brexit ne change rien au fait qu' il reste un grand auteur britannique autant qu'européen, un humaniste qui déploie également dans ce roman son rêve d'une Europe de la culture, un terme espérons le, non encore désuet.  

    Claire

  • Bélem, dans le nord du Brésil. Dans ce pays où tout jeu d'argent est illégal, le docteur Clayton Marollo associe sa passion des cartes et son carnet d'adresses bien garni pour ouvrir des salles clandestines qui accueillent, nuit après nuit, hommes politiques, notables, trafiquants et vrais joueurs. Gil, jeune homme élevé quasiment dans la rue, se fait remarquer par le tout-puissant Marollo, qui en fait son bras droit.

    Il se rend vite indispensable, jusqu'à l'arrivée de Paula, jeune joueuse de poker extraordinairement douée, qui fait tourner les têtes et suscite bien des convoitises dans ce milieu très fermé. Roi, dame, valet : ces trois-là vont se convoiter, se haïr, se perdre. Bienvenue dans les eaux troubles de Belém. Edyr Augusto nous plonge à nouveau dans les bas-fonds de la capitale de l'Amazonie, lieu de tous les trafics, en multipliant les portraits d'une humanité-mosaïque.

  • Lundi 28 juillet 1986, deux camions citernes transportant chacun douze mille litres d'ammoniac vers une usine de cigarettes sont retrouvés brûlés aux environs de Harfleur. C'est le énième d'une série de braquages identiques à une différence près, cette fois, il y a 7 morts.
    L'inspecteur Nora est chargé de l'enquête. Des cabinets de consulting parisiens aux bureaux de tabac du coin de la rue, des travées de l'Assemblée nationale aux usines du Montenegro, Nora tente obstinément, 20 ans durant, de comprendre, identifier, traquer et arrêter ceux dont le métier est de corrompre, manipuler, détourner, contourner tout ce et ceux qui font obstacle au fonctionnement de la machine à cash des cigarettiers.
    Une dizaine de personnages donnent vie à cette intrigue ample et ultra documentée, qui décortique les arcanes du lobbying industriel et explore les méthodes de manipulation du marketing et de la communication. David Bartels, enarque brillant et sans scrupule, à la tête d'une agence de comm, vend ses talents à European G. Tobacco. Valentina et Helene, dirigent une entreprise très "féminine" d'événementiel et agissent en douceur ; Anton Muller, l'homme de main, utilise des méthodes plus coercitives. Face à eux, Nora, l'OPJ entêté qui veut abattre Goliath et Patrick Brun, un petit lieutenant qui s'est juré de ramener à ses parents une jeune femme disparue au moment du braquage d'Harfleur.

  • William Finnegan a passé sa vie à naviguer entre les théâtres d'opération et les vagues, une existence entre deux eaux qu'il a racontée dans un livre inoubliable et merveilleux : Jours Barbares. À la naissance de sa fille Mollie, il s'est rangé des planches. À ses douze ans, lorsqu'elle se révèle une grimpeuse-née, l'écrivain-reporter décide de la suivre dans son apprentissage. Tandis que Mollie endosse le rôle d'entraîneur et de mentor, voire de gourou, son père se doit de repousser sans cesse ses limites pour suivre son rythme, bousculant quelque peu la dynamique parent-enfant. Il raconte alors l'escalade comme l'envers de sa propre obsession pour l'eau, non plus la quête éperdue de ces «montagnes qui chancellent au milieu de l'océan», mais la recherche frénétique de vagues tortueuses en forme de pics à gravir. À travers ce récit d'initiation, William Finnegan nous guide dans le monde singulier de la grimpe - des salles d'escalade de New York ou des blocs de Central Park aux parois rocheuses du Vermont ou aux falaises du Mexique et du Canada. Mollie, adolescente douce et ironique, ouvre la voie, et ce qui commence comme un passe-temps pour le père et la fille devient vite une obsession où toute occasion est bonne pour enfiler les chaussons et attaquer les «problèmes'' sur le mur ou les «itinéraires'' sur la paroi. Ensemble, ils apprennent un nouveau langage et se forgent de nouveaux souvenirs. À mesure qu'ils se lancent dans des ascensions toujours plus hautes et toujours plus délicates, ils font aussi l'apprentissage d'une notion cardinale : l'expérience du danger, ce que les grimpeurs nomment l'exposition. Et en creux, une leçon de vie simple mais décisive : tomber, c'est être humain.

    Formidable plongée dans le monde de l'escalade, Avec Mollie offre un regard tendre, bienveillant sur cette relation unique entre un père et une fille.

    Le récit d'un lien père fille lumineux

    Si vous voulez une histoire de grimpe, c'en est une ! Mais au-delà de ça, c'est le récit du lien lumineux entre un père et sa fille. Car lorsque Mollie se passionne pour l'art périlleux de l'escalade et accède dans la foulée au haut-niveau, son père délaisse sa planche de surf pour une paire de chaussons. Mi amusé, mi fasciné, il plonge avec Mollie dans le monde extraterrestre des grimpeurs. L'ex grand reporter de guerre nous offre ici le témoignage sensible, bourré d'auto-dérision d'un homme qui grandit avec sa fille, l'accompagne pas à pas, et toujours, s'émerveille de la voir vivre, briller et s'accomplir... Une superbe déclaration d'amour à sa fille et la preuve qu'à tout âge l'on peut vivre, se dépasser et se redécouvrir !

    Camille

  • L'île

    Vincent Villeminot

    Le premier matin, quand ils sont arrivés au bateau, la liaison entre l'île et le continent était coupée. Ordre du gouvernement.
    Le deuxième matin, ils ont vu des fumées, au loin, sur la côte.
    Le troisième matin, ils ont enfin eu des nouvelles, et c'était plus effrayant encore.
    Depuis, personne ne peut plus aborder. Personne ne peut plus s'en aller.
    Et maintenant, enfermés sur leur île, Jo, Louna, Hugo, Blanche et les autres le savent : le danger vient de partout.
    Du continent.
    Des adultes.
    De leur propre communauté. D'eux-mêmes, surtout, la bande des sept, les copains, le crew, comme dit Simon, qui adore frimer en anglais.

  • Un petit garçon a eu un chien comme cadeau à Noël. C'est le chien qui raconte la vie à la maison... "Le canapé, c'est ma place. Je n'aime pas qu'il monte dessus, sauf parfois quand on regarde un film en mangeant des chips. Et au bout d'un moment, il s'endort."

  • Nicolas Keramidas est atteint d'une malformation cardiaque à la naissance, la tétralogie de Fallot, ce qui l'oblige à subir une opération délicate et surtout inexpérimentée en 1973 : il devient ainsi le premier bébé en France à être opéré à coeur ouvert. 43 ans plus tard, lorsque son coeur s'emballe sur un terrain de foot, le mal se réveille et le conduit vers une nouvelle opération à coeur ouvert. Une expérience angoissante et douloureuse qu'il parvient à surmonter avec sa femme, Chloé, qui, comme lui, a tenu un carnet au jour le jour. C'est à partir de ces notes qu'il retrace en détails toutes les étapes de cette descente aux enfers médicale jusqu'à sa sortie définitive de l'hôpital.
    En usant d'humour et d'un savoir-faire acquis aux studios d'animation Walt Disney de Montreuil où il a travaillé pendant douze ans, l'auteur nous fait vivre l'expérience d'une opération chirurgicale lourde avec une sincérité touchante.

  • Pionnier de la pensée écologique, Adam Thobias est sollicité pour prendre la tête d'une "Commission Internationale sur le Changement Climatique et pour un Nouveau Contrat Naturel". De ce hochet géopolitique, pas dupe, il tente de faire une arme de reconstruction massive. Au coeur du dispositif, il crée le réseau Télémaque, indépendant et parallèle, constitué de scientifiques ou d'intuitifs, de spécialistes ou voyageurs, tous iconoclastes, qu'il envoie en missions discrètes, du Pacifique sud à la jungle birmane, de Manaus à Moscou... Tandis qu'à travers leurs récits se dessine l'encéphalogramme affolé d'une planète fiévreuse, Adam Thobias conçoit un projet communautaire aussi alternatif que novateur.  Entretenant une intimité générationnelle avec la géographie mouvante et fragile de notre monde en crise, doté d'une foi dans la narration et d'une énergie vitale contagieuses, Pierre Ducrozet se confronte, à bras-le-corps, aux forces motrices et performatives du roman sur les enjeux du contemporain.

  • Je suis au monde propose une plongée dans la biodiversité, le monde du vivant, et une réflexion autour de la place de l'être humain dans cet ensemble.  Le texte, à la fois précis et aérien, se présente comme une humble tentative d'entamer avec un enfant de dix ans cette réflexion commune, nous immergeant dans la forêt, les mers ou les villes. Ce parcours est scandé par six grandes immersions poétiques et scientifiques dans la barrière de Corail, la jungle amazonienne, le marché de Barcelone, le continent de plastique ou la banquise.

  • Comment est né le football féminin en Angleterre ? Par ce hasard qui ne fait jamais rien au hasard. Le 6 avril 1917, à la pause déjeuner de l'usine de munitions Doyle & Walkers, à Sheffield, Royaume-Uni, Violet Chapman, ouvrière, prise d'une inspiration subite, donne un coup de pied dans l'espèce de balle qui se trouve au milieu de la cour en briques rouges de 330 pieds de long par 240 pieds de largeur.
    Aussitôt, les dix autres femmes présentes lâchent leur casse-croûte et se lèvent du muret où elles étaient assises en rang d'oignons pour se mettre à courir aussi. Ce simple coup de pied aurait pu les tuer. Car la balle est un prototype de bombe légère destiné à calculer la trajectoire de chute, avant de massacrer l'ennemi. Mais la bombe n'explose pas. C'est leur coeur qui explose. Ce coup de pied vient de leur sauver la vie, à toutes.

    De la balle !

    Quand un simple ballon se retrouve entre les pieds de 11 ouvrières anglaises, il peut avoir l'effet d'une bombe ! Surtout si Melanie The Beast ou The Big Rosalyn en font une affaire personnelle. Absolument drôle, décalé, un poil furax, un tantinet absurde, fondamentalement politique... Ce livre, c'est de la balle !!

    Camille

  • LES TAMBOURS DU DIEU NOIR.
    À La Nouvelle-Orléans, devenue un territoire neutre cerné par une guerre de Sécession interminable, Jacqueline ne rêve que d'une chose : laisser derrière elle sa vie de pickpocket afin d'explorer le monde à bord d'un dirigeable. Pour cela, l'adolescente doit gagner la confiance de la capitaine Ann-Marie St Augustine, une contrebandière créole. En guise de monnaie d'échange, Jacqueline détient une information capitale : des confédérés cherchent à acheter une arme mystérieuse et dévastatrice appelée les « Tambours du dieu noir » auprès d'un scientifique haïtien.
    Jacqueline, Ann-Marie et l'équipage de son dirigeable embarquent dans une mission périlleuse visant à récupérer les Tambours du dieu noir et à empêcher l'annihilation de La Nouvelle-Orléans.
    Dans cette uchronie qui imagine une Nouvelle-Orléans indépendante, des Caraïbes autonomes et des États-Unis démantelés, P. Djélì Clark nous entraîne dans une intrigue palpitante au coeur du bayou, où s'affrontent tant les intérêts politiques que les desseins personnels. Les personnages féminins dominent au sein de la multiplicité des cultures qui cohabitaient - et cohabitent encore - dans cette contrée forgée au fil des brassages de populations.

    L'étrange affaire du djinn du Caire.
    Posons tout d'abord le décor : au XIXe siècle, l'alchimiste et mystique al-Jahiz bouleverse l'histoire de l'Égypte en ouvrant une brèche vers le royaume des djinns, permettant ainsi à la magie de se frayer un chemin dans notre monde.
    Grâce à ces créatures mythiques et à leurs merveilles mécaniques, l'Égypte parvient à gagner son indépendance, à chasser les colons britanniques et français de son territoire et à s'imposer parmi les puissances de premier plan.
    La nouvelle débute au Caire - désormais une plaque tournante sillonnée de dirigeables et de tramways aériens - en 1912. L'agente spéciale Fatma el-Sha'arawi, missionnée par le ministère de l'Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, doit mener une enquête délicate : on a retrouvé le cadavre d'un djinn majeur parmi les plus puissants des immortels. Tout porte à croire qu'il se serait suicidé, mais Fatma, suivant son instinct, refuse de s'en tenir à cette conclusion et finit par mettre au jour une machination de grande ampleur orchestrée par un Ange, une de ces étranges créatures surgies à la suite des djinns et dont nul ne sait rien.
    À travers son uchronie aux subtiles nuances steampunk et lovecraftiennes, P. Djélì Clark donne la parole à une Égypte forte de son héritage mythologique et de son folklore ancestral.

    Complètement immersif !

      Complètement immersif ! Une ambiance steampunk, de l’uchronie, un imaginaire débordant et surtout, de l’aventure ! Ce livre est un petit condensé d’action qui vous ouvrira les portes de la Nouvelle Orléans et du Caire, comme si vous y étiez ! Foisonnant, cinématographique, intelligent, les qualificatifs manquent pour décrire Les tambours du dieu noir. Retenez ceci : ça se dévore ! Alors mangez-en !          

    Alexandra

  • Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages.
    Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l'île n'ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des «crimes non élucidés» de la police de Cagliari, l'ombre des disparues s'immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d'une nouvelle victime les place au centre d'une enquête qui a tout d'une malédiction. De fausses pistes en révélations, Eva et Mara sont confrontées aux pires atrocités, tandis que dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l'énigme.
    La première enquête de Mara Rais et Eva Croce nous plonge dans les somptueux décors de la Sardaigne, au coeur de ténèbres venus du fond des âges.

    En plein coeur de la Sardaigne....

    En plein cœur de la Sardaigne, des meurtres rituels faisant référence à des croyances de l’époque nuragique, demeurent non résolus. En plein cœur de la Sardaigne, deux enquêtrices au caractère bien trempé, sont reléguées au placard des « cold cases ». En plein cœur de la Sardaigne, une jeune fille disparaît… Au cas où je n’aurais pas été bien claire : ce polar se passe…en plein cœur de la Sardaigne. Et c’est bien là l’un des intérêts majeur de L’île des âmes : la Sardaigne, son histoire, son mode de vie insulaire, son décor. L’autre intérêt, c’est qu’il va se passer des choses, voire carrément plein de trucs (comme dans un bon polar en fait !), si si, je vous promets mais chut… je ne peux rien vous dire sinon, ce n’est pas du jeu ! Ainsi donc, lisez L’île des âmes (il y a la Sardaigne !!!), c’est du bon.  

    Alexandra

  • La montagne. Un village isolé. Dans les parois rocheuses qui le surplombent, se trouve une grotte appelée 'la grotte aux fées'. On dit que, jadis, les fées y cachaient les bébés qu'elles volaient.
    A l'écart des autres habitations, Mariette et son fils ont construit leur vie, il y a des années. Ce fils, étonnante force de la nature, n'a jamais prononcé un seul mot. S'il éprouve une peur viscérale des hommes, il possède un véritable don avec les bêtes.
    En marge du village, chacun mène sa vie librement jusqu'au jour où, au cours d'une randonnée dans ce pays perdu, un touriste découvre une petite fille nue. Cette rencontre va bouleverser la vie de tous...
    Violaine Bérot, dans ce nouveau roman à l'écriture poétique, décrit une autre vie possible, loin des dérives toujours plus hygiénistes et sécuritaires de notre société. Un retour à la nature qu'elle-même expérimente depuis vingt ans dans la montagne pyrénéenne.

    Poignant et poétique

    A travers ces récits mêlés se dessine un des drames de notre époque : le besoin de compartimenter ce qui est « normal » et « acceptable », en matière de choix de vie ou d’éducation des enfants, et de condamner tout ce qui sort des conventions sociales. Dans cette histoire touchante et sensible, Violaine Bérot nous montre que l’« anormal » n’est pas où on le croit et que les différences se révèlent salutaires. Poignant et poétique, Comme des bêtes saura, j’en suis certaine, vous émouvoir.

    Laura

  • Marta et Arthur

    Katja Schonherr

    • Zoe
    • 4 Février 2021

    Marta était à peiné sortie de l'adolescence quand elle a rencontré Arthur, l'homme aux yeux menthe givrée. Et voilà qu'Arthur est mort, étendu à ses côtés. Tout au long de la journée tourmentée qui suit ce mystérieux décès, les souvenirs remontent pour dérouler l'histoire d'une relation faite de non-dits, d'incompréhension et de petites cruautés. Quarante années, au cours desquelles Marta a pris soin de peigner tous les jours les franges du tapis pour qu'elles soient bien droites, tandis qu'Arthur montrait plus d'affection pour son aquarium que pour son propre fils.
    Propulsée par son extrême sensibilité littéraire, Katja Schönherr nous offre un premier roman palpitant et glaçant sur deux êtres aussi incapables de vivre ensemble que l'un sans l'autre

    De l’art de faire des mauvais choix et de l’obstination à les répéter !

    Marta et Arthur aurait pu s’intituler « De l’art de faire des mauvais choix et de l’obstination à les répéter ». Avec un talent certain de portraitiste et un humour grinçant, Katja Schönherr déroule toute une vie bâclée. Certes, on est bien loin du glamour. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’être hypnotisé.e.s par cette histoire terrible, fasciné.e.s que nous sommes par Marta, personnage définitivement et complètement « à l’ouest ». Lire Marta et Arthur, c’est un peu comme observer la vie d’une fourmilière dans laquelle il n’y aurait qu’une seule fourmi contre le reste du monde. Cela peut paraître étrange de conseiller un livre qui se compare à un carnet de recettes pour gâcher sa vie. Mais l’exercice, ou la prouesse, littéraire auquel se livre Katja Schönherr (réussir une histoire avec de tels personnages et un tel sujet) est si étonnant qu’on ne peut qu’encourager à la découverte d’une telle autrice.

    Alexandra

  • Les printemps sauvages

    Douna Loup

    • Zoe
    • 8 Avril 2021

    Après une enfance solitaire au bord d'une mare en compagnie des oiseaux, la narratrice, à peine adolescente, part main dans la main avec sa mère à la recherche de son frère inconnu. Ensemble, elles passeront quatre années à vagabonder sur les chemins, à dormir dans les champs et les forêts, à travailler dans les fermes ou les usines. Quand la fille découvre l'amour, il est temps pour sa mère et elle de s'éloigner l'une de l'autre, une séparation aussi libératrice que douloureuse.

    Les Printemps sauvages raconte de manière puissante la nature et la surprise du sexe. Odeurs, matières, couleurs, tous les sens sont aux aguets pour saisir la beauté du monde. Et sa fragilité : il y a urgence à inventer de nouveaux rapports au vivant.

    157 pages de poésie qui sentent la terre après la pluie

    Sur les sentes sauvages du monde je n’ai ni nom si sexe, mais pour seule certitude d’exister et de confluer comme toutes les espèces animales, végétales, minérales. Les Printemps sauvages nous emmènent sur les chemins de la reconnexion avec la nature, de la découverte du premier amour et de l’éveil à soi et à la vie. Avec la jeune narratrice, nous déployons une réflexion sur le vivre ensemble et sur la tolérance envers tous les êtres, humains ou non, qui nous entourent. On y parle d’amour de la différence, d’inclusion, de vivre en harmonie avec le vivant, sans domination de quelque sorte et d’être enfin tournés vers l’empathie la plus totale. Vous tenez entre vos mains un appel à se laisser ensauvager, à s’extasier d’être, une invitation à poémiser la beauté de la nature et à tisser des liens profonds et durables avec le vivant. Et ainsi, avec nous-mêmes… A l’instar de l’éblouissant Déployer, son précédent livre publié chez Zoé, Douna Loup nous envoûte avec cette écriture à couper le souffle, tellement sensuelle et sensorielle... 157 pages de poésie qui sentent la terre après la pluie et l’odeur suave et chaude des forêts… Indispensable aujourd’hui !

    Laura

  • Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

    Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.

    Un jour, tout est léger, irrésistible?; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

    Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

    Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

    Une grande histoire d'amour, actuelle, troublante, à dévorer en oubliant le monde qui vous entoure.

    Le vilain petit canard et le beau gosse du lycée... un scénario amoureux vu et revu dites-vous ? Certes, mais Sally Rooney joue. Elle détourne les lieux communs de la littérature pour en faire un roman addictif et psychologique. De la première à la dernière page, elle vous happe et vous entraîne avec un style lapidaire, presque caustique, dans d'autres vies que la votre. Celles de deux amants/amis/amoureux qui s'attirent et se rejettent au gré des années, et construisent leur identité en dépit de leurs blessures. Si vous voulez une grande histoire d'amour, actuelle, troublante, à dévorer en oubliant le monde qui vous entoure... Ce livre est pour vous !!

    Camille

  • Kérozène

    Adeline Dieudonné

    Une station-service, une nuit d'été, dans les Ardennes.
    Sous la lumière crue des néons, ils sont douze à se trouver là, en compagnie d'un cheval et d 'un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens... Il est 23h12. Dans une minute tout va basculer.
    Chacun d'eux va devenir le héros d'une histoire, entre elles vont se tisser parfois des liens. Un livre protéiforme pour rire et pleurer ou pleurer de rire sur nos vies contemporaines.
    Comme dans son premier roman, La Vraie Vie, l'autrice campe des destins délirants, avec humour et férocité.
    Les situations surréalistes s'inventent avec naturel, comme ce couple ayant pour animal de compagnie une énorme truie rose, ce fils qui dialogue l'air de rien avec la tombe de sa mère, ou encore ce déjeuner qui vire à l 'examen gynécologique parce qu'il faut s'assurer de la fécondité de la future belle-fille. Elle ne nous épargne rien, Adeline Dieudonné : meurtres, scènes de sexe, larmes et rires. Cependant, derrière le rire et l'inventivité débordante, sa lucidité noire fait toujours mouche. Kérozène interroge le sens de l'existence et fustige ce que notre époque a d 'absurde.

    Drôle, grinçant, violent, loufoque, touchant, explosif, mais surtout, brillant !!!

    Kerozene, ce n’est pas vraiment un roman. Kerozene, c’est plutôt un concentré des faillites de l’âme humaine, à travers l’histoire de 14 personnes (cheval compris), entre 23h12 et 23h14, un soir d’été sur une aire d’autoroute des Ardennes. Kerozene, c’est un OLNI : un objet littéraire non identifié, qui nous tient en haleine dès la première page… Impossible à lâcher ! Kerozene, c’est drôle, grinçant, violent, loufoque, touchant, explosif, mais surtout, brillant !!! Dans cette station-service, véritable métaphore de la vie, Adeline Dieudonné déploie avec flamboyance toutes ces choses que nous faisons par compromis, par lâcheté, par peur... Tous ces traumatismes qui nous façonnent et qui se transforment en autant de folies ou d’éclairs de lucidité et de courage…Toutes ces choses, pas très glorieuses parfois, mais simplement humaines… Bref, c’est la Vie, la Vraie !! (et cela vous fera adorer la vôtre !)

    Laura

  • Quand on flâne entre les rayons, on oublie souvent que le libraire est là qui nous observe. Et quand l'un d'eux épingle nos bizarreries et nos manies d'une plume malicieuse, il peut en faire un joyeux jeu des sept familles, caustique et cocasse. Vous reconnaîtrez-vous dans un des lecteurs de ce savoureux recueil de portraits et d'anecdotes ?

    Vous êtes des lecteurs essentiels !

    La librairie est un commerce essentiel. Vous lecteurs, vous nous le montrez tous les jours un peu plus. Dans ce Petit traité du lecteur, Shaun Bythell synthétise tout l’amour que nous avons pour vous. Que vous fassiez partie des complotistes, des siffloteurs, des sans-gênes, des râleurs ou des gens « normaux », nous vous aimons tous et comme le dit notre confrère écossais, sans vous, nous serions au chômage! Alors merci d’être là! Sauriez-vous identifier à quelle catégorie de lecteurs vous appartenez? Régalez-vous avec ce petit texte qui fait du bien et qui rend hommage aux amoureux des livres (et aux libraires, bien évidemment )

    Laura

  • « La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s'étonna de l'autorité qui émanait d'une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l'obscurité. « On dirait une enfant », pensa la première, «elle ressemble à une poupée», songea la seconde.
    Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. » À travers l'histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d'une époque où l'on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s'expose et se vend, jusqu'au bonheur familial.

    Comme un air du temps ....

    Deux femmes, deux figures antithétiques, 2 cariatides dressées face au temps, à notre temps. Clara, Mélanie, cherchent du sens, un sens à leur existence. Que portent ces femmes-là ? Elles sont le lieu entre hier et demain, médiums ou démiurges d’une descendance, celle de leur propre famille, celle de notre époque. Delphine de Vigan, en vigie,  nous attache encore une fois à ses personnages, des personnages éminemment contemporains aux prises à la prééminence des images, au culte des egos qui s'opère et se dilate outrageusement via l'internet. Comment être mère, être femme, tout simplement être ou exister aujourd'hui, maintenant ? Un roman net, précis, prenant, qui sait dire nos erreurs, nos errances, nos solitudes intemporelles dans un monde dit connecté. 

    Claire

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