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ISABELLE VALFORT EXPOSE

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Du 3 mars au 4 avril 2020

Exposition de peintures et sculptures

"Nature ma nature"

galerie Rabot, 3ème étage.

Le parcours artistique d’Isabelle VALFORT est avant tout un chemin de liberté : une liberté donnée et toujours à conquérir. 

La construction de soi et l’élaboration d’un langage artistique vont prendre du temps. La nécessité du voyage est là. Elle portera les habits de l’artisan et du vagabond : trouver ses gestes, ses outils, ses matériaux et ses techniques. Contraintes et libertés vont de pair. L’humilité du travail et le corps à corps avec la matière dessinent les premiers jalons de l’aventure intérieure : aller au fond des choses, chercher en soi forces et fragilités, unir des tensions contradictoires et créatrices. 

La sculpture s’impose. Sculpter, c’est « être » avec la terre, la pierre, le plâtre ou le béton. La matière est brute et intense, elle nous résiste et nous féconde. Des corps se lèvent, des visages et des mains se tendent. Des regards nous interrogent et parfois nous implorent. 

Créer, c’est saisir l’intime et aller vers l’autre. L’enfant et la femme se côtoient enfin : la vitalité, la curiosité et la générosité sont des évidences, des petits cailloux dans la forêt.... 

Le voyage dira le monde ou les mondes. Le regard ne s’en éloigne pas, ne s’en déprend pas. L’acte créateur permet de se confronter à l’univers et la vie tels qu’ils sont et tels qu’ils vont, de s’arrêter devant la souffrance et la beauté, de faire œuvre devant l’insoutenable. Mais si les œuvres racontent la pauvreté et l’humiliation, elles disent aussi la verticalité, le souffle, la dignité et la liberté inaliénable. 

Le vagabond est aussi passeur d’humanité, il passe de l’ombre à la lumière et de la lumière à l’ombre, choisit la vie et la mort... Le noir profond et mystérieux du bitume de Judée accroche « pour nous » la lumière. Les dormeurs diaphanes charrient nos rêves et nos espérances. 

Le voyage suspend. Être de ce monde, c’est se laisser surprendre au hasard des rues ou des sentiers. Livre calciné, écorces, pneus usés, lambeaux de tissus,... Les trouvailles ornent l’atelier et disent en creux le regard amoureux et complice qui a présidé à la découverte. Leur présence est saisissante, vibrante et archaïque. Notre regard peut enfin s’arrêter et s’énamourer. Est alors franchi ce qui nous séparait de la magie et de l’Autre. 

Que les œuvres soient lentement travaillées ou « empruntées », elles ont toutes un évident pouvoir d’évocation, de lentes résonances avec le passé et la mémoire de l’humanité. Nous nous reconnaissons en elles. Elles nous parlent et nous savons qu’elles nous invitent à prendre la parole. 

Revenir chez soi, c’est se glisser dans les draps blancs, parfaire l’intimité et le secret. Le drap et le tissu sont des matériaux « fétiches » et reviennent sans cesse, imposant leur pauvreté et leur grandeur à l’ensemble de l’œuvre. Pliés ou dépliés, ils suggèrent ce qui nous rassemble et peut nous émouvoir... le silence et l’oubli, la fatigue et la douleur. 

Tout cela fait d’Isabelle une plasticienne dont les œuvres et les installations ne se ressemblent guère. Terres et pigments, pailles et argiles, papiers et tissus, elle choisit et rassemble matériaux et techniques en fonction du thème et de l’envie... laissant libre cours au hasard et à la nécessité, à l’instinct ou aux rêves. Liberté oblige... 

 

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